On refait le film !

mercredi 19 mars 2008

FEUX ROUGES de Cedric Kahn (2003)

Avec Jean-Pierre Darroussin, Carole Bouquet, Vincent Deniard, Charline Paul, Jean-Pierre Gos,

logoanime34_1_19

Ce 19 mars sur cinécinéma Premier à 22h20

Synopsisfeux_rouges

Lors d'un week-end estival, Hélène et Antoine partent, en voiture, chercher leurs enfants placés en colonie de vacances dans le sud-ouest de la France. Ce périple tourne vite au drame lorsqu'Antoine décide de faire étape dans des bars le long de la route...

On r'fait le film


Cedric Kahn (Roberto Succo) adapte Simenon avec simplicité et efficacité. Il y a du Hitchcock et du road movie dans ce film. On pense à « Lost Highway » de David Lynch même si artistiquement on se situe à des milliards de kilomètres et à la différence également qu'ici on se situe dans un récit complètement linéaire et beaucoup plus simple de compréhension. Pas la même puissance qu'Alfred Hitchcok non plus mais une manière de filmer et de construire le récit en forme de suspense qui y ressemble étrangement. Un récit comme un petit puzzle avec peu d'éléments et de personnages où chaque pièce arrive au compte goutte, de manière coulée et dense à la fois. Darroussin, une fois de plus impeccable, avec son jeu finement naturel qui donne beaucoup de crédibilité à son personnage. Un bémol cependant avec le choix de Carole bouquet que l'on n'aurait pas dû associer à Darroussin en couple. Mais comme on ne la voit pas beaucoup, ça passe encore. Elle, à part quand elle joue les bourgeoises et dans les films de Bertrand Blier, je la trouve très mauvaise. Mais à part ce petit problème, un film vraiment très agréable à regarder qui tient vraiment en haleine jusqu'à la dernière séquence.

Cedric Kahn : « J'ai lu le livre sur la suggestion de mon agent, Dominique Besnehard. Puis tout est allé très vite. J'ai eu immédiatement envie de le faire : l'omniprésence de la route, la quête du personnage principal, le fait de suivre un homme qui semble aller droit dans le mur mais qui au fond cherche à se reconstruire, à se réconcilier avec son entourage et avec lui-même, tout m'attirait. »

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dimanche 2 mars 2008

BARRY LYNDON de Stanley Kubrick (1975)

Avec Ryan O'Neal, Marisa Berenson, Patrick Magee, Hardy Krüger, Steven Berkoff, Gay Hamilton, Marie Kean, Diana Körner, Murray Melvin, Frank Middlemass, André Morell, Arthur O'Sullivan, Godfrey Quigley, Leonard Rossiter, Philip Stone,

barry

L'ascension et la chute d'un brave garçon qui, pour faire son chemin dans l'univers corrompu du XVIIIème siècle anglais, va devenir une redoutable crapule.

barry_lyndonOn r'fait le film

Un chef-d'oeuvre de narration, de photographie, de musique. Kubrick observe froidement l'Histoire de l'homme et de l'Humanité. Ses films précédents travaillaient dans la même optique mais dans des projections sur la ligne du temps différentes : « 2001 », le futur, « Orange mécanique », le présent et celui-ci « le passé ». Bien sûr, dans ce film comme dans presque tous les autres de ce réalisateur, un regard triste sur la guerre et sur l'incapacité de l'homme à s'entendre. « Barry Lyndon » nous offre une trajectoire d'homme qui se durcit au fil du temps jusqu'à en devenir presque inhumaine. Kubrick ne fait jamais de concession à l'émotion et son observation au scalpel fait mal... très mal si ce n'était cette capacité extraordinaire du réalisateur à pouvoir prendre du recul. Par exemple, cette voix off qui explique les événements avant même que le spectateur ne les perçoit sur le grand écran, est une manière de tuer l'émotion dans l'oeuf. D'ailleurs, ce manque d'émotion constitue souvent le reproche fait par ceux qui ne sont pas touchés par les films de Kubrick. Pour lui, l'émotion se trouve ailleurs, dans l'art de narrer et de montrer. Par exemple, du point de vue photographique, « Barry Lyndon » est certainement l'un des plus beaux et des plus aboutis de l'histoire du septième art. La musique, également, véritable chef-d'oeuvre sonore qui colle parfaitement aux sublimes images. Trois heures de bonheur pur et intense dans un mélange magique et étrange de froideur et d'émotion.

logoanime34_1_14Ce 2 mars sur la Deux belge à 20h45

Synopsis

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vendredi 15 février 2008

ZELIG de Woody Allen (1983)

Synopsis

Leonard Zelig relève, dans ces années trente, d'un cas peu ordinaire. Obèse, boxeur ou écrivain, il prend l'apparence de tous ceux qu'il côtoie. Eudora, en psychanalysant Leonard, découvre que celui-ci souffre d'un cruel besoin d'amour.

On r'fait le film

Vraisemblablement un des plus grands films de Woody Allen. On y retrouve tous les ingrédients propres aux obsessions du metteur en scène : psychanalyse, univers paranoïaque juif, amours compliqués. Le tout se mixe dans un contexte historique où Allen mélange génialement le vrai et le faux pour faire croire à un documentaire. Le savoir-faire technique est surprenant parce que l'on se prend complètement au jeu. Chaque thème propre à Allen est porté ici à son paroxysme. D'abord, la psychanalyse, traitée avec humour et distance. Par l'intermédiaire de son homme caméléon, Léonard Zelig, Allen aborde les thèmes de la différence et du conformisme. Par cet aspect, le film rejoint complètement « Orange Mécanique » ou « Trainspotting » puisque c’est dans la norme que le personnage principal connaîtra ses plus grands ennuis. Allen réussit également à approcher de très près l'univers Kafkaïen dans la perte d'identité de son « caméléon-métamorphose ». Deuxième thème, l'univers juif, paranoïaque au point de faire se rejoindre historiquement Zelig et Hitler, le tout dans un humour délirant, évidemment. Enfin, le thème des amours difficiles, trouve ici un traitement clairement optimiste. Zelig ne signifie-t-il pas bienheureux en Yiddish ?

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lundi 28 janvier 2008

FREAKS - LA MONSTRUEUSE PARADE de TOD BROWNING (1932)

Synopsisanimation_freaks

Dans le cirque Tetrallini, Hans le lilliputien tombe amoureux de Cléo, la belle trapéziste. Cléo s'amuse de la situation et des tourments de la minuscule écuyère Frieda, la fiancée d'Hans. L'acrobate qui a pris pour amant Hercule, l'homme fort, découvre que son admirateur est l'héritier d'une grosse fortune. Elle décide donc d'épouser le nain puis de s'en débarrasser. L'enjôleuse et son complice décident alors de tuer Hans en l'empoisonnant quotidiennement, à petites doses. Au cours du banquet de mariage, Cléo ivre, provoque et insulte les invités. Ayant la preuve du complot, les "monstres" décident de venger Hans et Frieda...

On r'fait le film

Un film, issu du fond des âges cinématographiques, du début du parlant, qu’il faut aborder dans son contexte historique.  A l’époque du film, en 1932, la plupart était dans l’ignorance et la peur de cet autre différent engendrait toutes sortes d’amalgames.  A cet égard, « Freaks » est un remarquable témoin historique sur l’intolérance qui régnait à l’époque.  Aujourd’hui, le regard sur les monstruosités vivantes a beaucoup changé mais à l’époque, tout ce qui était hors norme était considéré comme un mauvais présage ou un signe diabolique.  La médecine, depuis ce temps, a également fait son œuvre et a permis de réduire considérablement la naissance de « Freaks » (monstres) tels que ceux de Tod Browning. 

Tod Browning connaît bien le milieu qu’il décrit car il a travaillé dans un cirque entre 16 et 30 ans.  Ayant donc complètement intégré cette culture spécifique, il y a certainement de l’authenticité dans sa démarche artistique.

Néanmoins, malgré le côté « témoin d’une époque », le film n’échappe pas à un questionnement quant à ses intentions.  La course à l’audience était déjà de mise, tout comme une forte propension à vouloir montrer ce qui n’avait jamais encore été montré à l’écran.  Or à l’image, Tod Browning nous propose une réalité presque documentaire. Nous nous retrouvons dans les coulisses de la vie d’un cirque, dévoilant non pas des acteurs, mais de véritables « freaks » appartenant au cirque Barnum.  On se retrouve face à une galerie de monstres.  Le scénario est tellement rudimentaire que c’est à se demander s’il n’est pas un prétexte à cet exhibitionnisme.  Le risque de dérapage vers un voyeurisme malsain est évident.

A côté de cette éventualité de voyeurisme dans les intentions, existe également une propension au simplisme, au manichéisme, opposant les « Freaks » non responsables de leur difformité au commun des mortels « normaux », responsables de leur monstruosité morale.  Sous couvert d’humanité, le scénario, finalement, oppose deux catégories d’humains bien distincts au sein d’une narration réductrice et dangereuse.  Le scénario va même jusqu’à proposer la vengeance d’une communauté sur l’autre, jusqu’à réduire la personne normale et sa « beauté », à une monstruosité.  Et encore, s’il n’y avait pas eu la censure à l’époque, le scénario proposait une fin bien plus monstrueuse que celle proposée dans le version que l’on peut voir aujourd’hui, avec Hans le nain, se ruant avec les autres monstres sur la belle Cléopâtre, la réduisant à l’état de poule monstrueuse. Le comparse de Cléopâtre, Hercule, a également été émasculé dans la version d’origine.

Il règne donc dans ce « Freaks » de Tod Browning comme une atmosphère de vengeance de la monstruosité sur la beauté, essayant de se donner bonne conscience, mais qui offre finalement le contraire du but proposé.  Mais quel était exactement le but de ce film ???

Avec : Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Roscoe Ates, Henry Victor, Harry Earles, Daisy Earles, Rose Dione, Daisy Hilton, Violet Hilton, Schlitze, ...

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samedi 26 janvier 2008

MUNICH de Steven Spielberg (2005)

Synopsis

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Munich, 1972. Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme. Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée 'Colère de Dieu'. Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich... 

spielbergOn r’fait le film

Une réflexion sur la violence, un récit à message d’un simplisme à pleurer : « Faites la paix, pas la guerre », « La vengeance n’est pas un plat qui se mange froid ».   Merci pour ces renseignements d’une incroyable originalité, monsieur Spielberg.  Faut dire que le sujet choisi était bien puant, avec quasi l’impossibilité d’en substituer une véritable fiction.  Il est dit que le sujet s’inspire de faits réels, ce qui veut dire en réalité qu’on a droit à une improbable authenticité historique.  Soit on privilégie le côté historique, soit le côté fiction, mais ici l’option est hypocrite, nageant entre deux eaux, où l’on mélange l’envie de témoigner de l’histoire à une volonté de faire du spectacle. 

Quant aux sources de Spielberg, elles sont à prendre avec des pincettes.   Le film n’indique rien là-dessus.  Par essence, les actions du Mossad fonctionnent de manière souterraine, cachée.  Il aurait été honnête de la part de Spielberg d’indiquer d’où il tenait ses sources et de l’indiquer d’une manière ou d’une autre sur la pellicule.  Il faudra attendre des interviews, hors film, pour qu’on apprenne de Spielberg que ses sources proviennent d’un agent du Mossad.  Par ailleurs, aujourd’hui, d’autres agents du Mossad indiquent que les choses ne se sont pas passées comme ça.  Le pire, c’est qu’avec l’influence énorme de Spielberg, toute une jeunesse va croire que les choses se sont déroulées de la manière dont le film le montre alors même que l’authenticité du produit est hautement discutable.   Et ce n’est pas la première fois que le cinéma américain réécrit l’Histoire à sa façon !18464332

Du côté de la structure narrative et de la mise en scène, ça ne vole pas beaucoup plus haut, avec les quasi mêmes scènes qui se répètent à l’infini.  Plus prévisible que ça, tu meurs.  Du coup, l’ennui est omniprésent.  Certaines options de narration sont elles aussi plus que discutables, comme par exemple ce choix de montrer la prise d’otage par l’intermédiaire des « souvenirs » d’Avner/Eric Bana, qui n’est qu’une forme détournée de voyeurisme sur la violence.

Spielberg aura voulu jouer la partition de la métaphore universelle en réponse aux idées de vengeance américaine d’après 11 septembre, mais se noie en simplisme et en approximation historique.  Il aura voulu ménager la chèvre et le chou en jouant les intermédiaires neutres à l’excès pour finalement ne déboucher sur rien.  Le sujet complexe de « Munich » était cinématographiquement intraitable avant.  Il l’est d’autant plus après ce pseudo documentaire Blockbuster de fiction.   « Documentaire blockbuster de fiction », ça existe ça ? Ben oui, Spielberg, vient de l’inventer.

Avec : Eric Bana, Daniel Craig, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, Hanns Zischler, Ayelet Zorer, Lynn Cohen, Ciarán Hinds, Yvan Attal, Mathieu Amalric, ...

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vendredi 11 janvier 2008

Dernière croisade

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Délivrance

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samedi 29 décembre 2007

RESPIRO d'Emanuele Crialese (2002)

Avec Valeria Golino, Vincenzo Amato, Francesco Casisa, Veronica D'Agostino, Filippo Pucillo, Muzzi Loffredo, Elio Germano,

respiro

logoanime34_1_1Ce 2 février sur la deux belge à 20h45

Synopsis

Un jeune mère (Valéria Golino) a du mal à se faire aux conventions sociale de l'île sur laquelle elle vit...

Mon avis

A l'époque où l'émancipation de la femme bât son plein, il existe des endroits pas très lointains, où l'essentiel du combat reste à accomplir. Ici, dans le port de pêche de Lampedusa situé au large de la Sicile, les us et coutumes restent très machistes. Emanuele Crialese observe sans trop parler, suggère des visages où les regards en disent long. Un regard surtout... celui de Grazia, au bord de la crise de nerf et de l'asphyxie. La pensée, la parole, devenues interdites, font place aux hurlements de douleur. Puis, parce que rien n'y fait, à la mise en scène du suicide, comme ultime respiration. Une respiration comme un coup de pied dans la fourmilière de la tradition et de l'immobilisme. Mais la grandeur de ce film est de ne pas vomir son propos. Au contraire, la révolte est silencieuse, délicatement esquissée, poétiquement suggérée. Un combat de femme avec les armes de la féminité pour une fable moderne, qui transforme le réalisme lourd du quotidien en magie légère poétique. Le cinéma italien, comme l'héroïne de ce film, au bord de l'asphyxie, trouve ici une merveilleuse respiration, un magnifique rayon de soleil sous le ciel européen.

Sous la loupe et pour le plaisir - La guerre des sexes

Un jeune garçon chasse, comme tradionnellement dans les sociétés primitives

hdhdyehheydhegye

Le fruit de la chasse, avec le bonheur d'avoir attrapé un mâle.

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Les jeunes mâles qui jouent aux rapports de force

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Le jeune mâle, prenant le dessus sur la jeune fille

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Ils sont plus jeunes que leur grand soeur, mais c'est elle qui doit capituler et sortir de table.

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Les jeunes fils qui ordonnent à leur mère de sortir de l'eau où elle nage à moitié nue

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Les femmes qui attendent passivement leurs maris revenant de la pêche

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Le père qui rabroue son fils parce que ce dernier a laissé sa mère nager à moitié nue.

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Il l'engueule.  Elle s'enferme sous un filet de pêche.

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vendredi 21 décembre 2007

Sous la loupe et pour le plaisir - Alien (Spoilers)

pdvd_00613Ripley

par Sigourney Weaver

Troisième officier du Nostromo. Elle prend le commandement de l'équipage après la mort de Kane et Dallas, découvre que les humains devaient être sacrifiés pour ramener l'Alien. Elle est la seule survivante avec le chat Jones à quitter le Nostromo à bord de la navette.

pdvd_00314Capitaine A.J. Dallas

par Tom Skerritt (On a pu voir ce comédien dans "Les larmes du soleil", "Contact", "Singles", "Et au milieu coule une rivière", "La relève", "Potins de femmes", "Poltergeist III", "Top gun", "Dead zone", "M.A.S.H.").

Commandant du Nostromo, vaisseau marchand de la compagnie Weylang-Yutani. Il engage son équipe à explorer la planète déserte pour chercher l'origine du mystérieux signal. En cherchant à l'acculer dans un sas d'aération, il est la troisième victime de l'Alien.

pdvd_00115Lambert

par Veronica Cartwright (On a pu voir cette comédiennne dans  "Dr Kinsey", "Les sorcières d'Eastwick", "L'étoffe des héros", "L'invasion des profanateurs", "En route vers le sud", "Les oiseaux", "La rumeur").

Spécialiste en cartographie spatiale. Explore avec Dallas et Kane le mystérieux vaisseau extra-terrestre. Tandis qu'elle rassemble du fréon avec Parker pour fuir dans la navette avec Ripley et Parker, elle est la cinquième et dernière victime de l'Alien.

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par Harry Dean Stanton (Faut-il présenter cet immense comédien ? Extraordinaire dans "Paris Texas" de Wenders et souvent chez David Lynch).

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par John Hurt (Comme Harry Dean Stanton, inutile de le présenter.  C'est lui, par exemple, qui endosse le costume de l'homme-éléphant pour David Lynch).

Deuxième officier du Nostromo. Explore le mystérieux vaisseau extra-terrestre avec Dallas et Lambert. Dans un champ d'oeufs, il est victime d'un parasite qui transperce son scaphandre, lui couvre le visage tout en le maintenant alimenté en oxygène. Lorsque celui-ci se détache, on le croit sauvé, mais son thorax explose sous la sortie de l'Alien embryonnaire pondu par le parasite.

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par Ian Holm

Il a remplacé l'officier scientifique habituel deux jours avant le départ. Il "oublie" la quarantaine lorsque Kane est ramené, le visage recouvert par le parasite. Admiratif de la perfection de l'Alien. Il s'avèrera être un androïde chargé de protéger l'Alien au détriment des humains.

pdvd_0089Parker

par Yaphett Kotto (On a pu voir ce comédien également dans "Midnight run", "La nuit des juges", "Brubaker", "Blue collar", "L'affaire Thomas Crown").

L'un des deux machinistes. Très soucieux d'obtenir une prime pour ce voyage. Lorsqu'il défend Ripley de Ash cherchant à l'étouffer, son coup d'extincteur révèle que Ash est un androïde. Tandis qu'il rassemble du fréon pour fuir dans la navette avec Ripley et Lambert, il est la quatrième victime de l'Alien.

L'un des deux machinistes, second de Parker. Alors qu'il cherche son chat Jones, il est le premier à succomber à l'Alien adulte, et donc la deuxième victime.

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VEUVE MAIS PAS TROP de Jonathan Demme (1988)

Avec :

Matthew Modine, Michelle Pfeiffer, Dean Stockwell, Paul Lazar, Alec Baldwin, Captain Haggerty, Marlene Willoughby, Frank Acquilino, Charles Napier, Joan Cusack, Ellen Foley, O-Lan Jones, Mercedes Ruehl, Jason Allen, Diane Puccerella, Suzanne Puccerella, Anthony J. Nici, Oliver Platt, Frank Ferrara, Gary Goetzman, Nancy Travis, Trey Wilson, Chris Isaak,

Synopsis

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A la mort de son mari (Alec Baldwin), Angela (Michelle Pfeiffer) décide de couper les ponts avec la mafia. Mais le grand boss (Dean Stockwell) ne l'entend pas de cette oreille.

Mon avis

Le film que Jonatham Demme réalisa juste avant l’énoooooorme « Silence des agneaux ».  Une comédie sans prétention au sein de la mafia.  Quelques petites faiblesses de scénario ou de gags un peu trop gros ci et là, mais sinon un divertissement plus qu’honorable.  Un ton qui frôle le burlesque et qui réussit à garder cette image tout au long du film.  Les personnages sont très bien dessinés.  D’abord, Michèle Pfeiffer, en veuve déphasée, qui se révèle au grand public avec ce rôle, qui lui vaut d’ailleurs sa première nomination aux Golden Globe de la meilleure actrice.  Autour d’elle, un couple bien déjanté, peut-être le meilleur du spectacle avec Dean Stockwell et Mercedes Ruehl.  Ils réussissent le pari de rendre le cliché du couple mafioso tout à fait crédible.  Il faut absolument les voir dans une des meilleures séquences du film, à l’aéroport, et tout le cinéma qu’ils se font !!! Pour moi, deux comédiens sous-employés.  Il faut les revoir, lui, dans « Paris Texas » ou « Blue Velvet » ; elle, sublime dans « Fisher King ».  Très bonne idée, en tout cas, de les avoir réunis pour ce film.  Matthew Modine, par contre, pas tout à fait à la hauteur sauf dans une scène où il se fond avec des chanteurs de rue lors d’une filature.  D’ailleurs, toutes les séquences du point de vue policier sont beaucoup moins réussies que les séquences de mafieux, comme si les scénaristes s’étaient beaucoup plus délectés de travailler une catégorie de personnages plutôt qu’une autre.  Avec un meilleur équilibre, le film aurait pu atteindre des sommets.  N’empêche, un très bon divertissement qui fonctionne à du 100 à l’heure, avec assez de rebondissements et de drôlerie pour passer un agréable moment.

Galerie de personnages et distribution

pdvd_00511Angela de Marco

par Michelle Pfeiffer

Elle s’ennuie dans sa petite vie d’épouse de mafieux, étouffée par le luxe rococo et la bêtise des autres compagnes de brigands. Lorsque celui-ci trépasse, elle trouve enfin l’occasion de refaire sa vie.

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pdvd_0163Mike Downey

par Mathhew Modine

Il va filer Angela pour mieux mettre la main sur les affaires mafieuses de Tony "le tigre".

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pdvd_0106Tony "le tigre" Russo

par Dean Stockwell (On a pu voir ce comédien souvent chez Coppola : "L'idéaliste", "Tucker", "Jardins de pierre".  Mais aussi chez Lynch : "Blue velvet", "Dune".  Très belle prestation dans "Paris Texas" de Wenders)

Mafioso notoire, il va mettre tout mettre en oeuvre pour conquérir le coeur d'Angela.

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pdvd_0124Connie Russo

par Mercedes Ruehl (On a pu voir cette comédienne dans "Last action hero", "Fisher king", "Big")

Epouse très très jalouse de Tony Russo qui va harceler Angela.

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pdvd_00710Frank "le concombre" de Marco

par Alec Baldwin

Epoux d'Angela, il bosse pour Tony. Il va payer très cher sa trahison.

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pdvd_017Tommy

par Paul Lazar (On a pu voir ce comédien dans "Mickey les yeux bleus", "Lulu on the bridge", "Philadelphia", "le silence des agneaux", "Streamers")

Bras droit de Tony.

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pdvd_0181Ed Benitez

par Oliver Platt (On a pu voir ce comédien également dans "Pieces of april", "Benny & Joon", "Proposition indécente", "Beethoven", "Working girl",  "L'expérience interdite", "Le droit de tuer ?", "Bulworth")

Collègue de  Mike, il va pister et espionner Angela.

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pdvd_0134Rose

par Joan Cusack (On a pu voir cette comédienne dans "High fidelity", "Broadway 39è rue", "Arlington road", "Just married ou presque", "In & out", "Les valeurs de la famille Addams", "Working girl")

Une des copines de Connie Russo qui harcèle également Angela.

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pdvd_0114Karen Lutnick

par Nancy Travis (On a pu voir cette comédienne dans "Bogus", "Quand Harriet découpe Charlie", "La disparue", "Air America", "Affaires privées", "Chaplin")

La maîtresse de Tony Russo

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lundi 3 décembre 2007

MAX ET LES FERRAILLEURS de Claude Sautet (1970)

Synopsis animation_max

Max n'est pas un policier comme les autres ; solitaire et intransigeant, il ne vit qu'avec une seule idée en tête : ar rêter des malfaiteurs en flagrant délit. Il rencontre par hasard un ancien ami de régiment, Abel, qui se confie à lui sans savoir qu'il appartient à la police... Abel s'est acoquiné avec une bande de "ferrailleurs" de Nanterre. À défaut de grands truands, Max va s'efforcer de piéger ces amateurs dont il va téléguider les agissements...

Mon avis

Claude Sautet où l’art d’impliquer monsieur ou madame tout le monde dans des récits que l’on ne peut voir qu’au cinéma.  Ici, Sautet va entamer un cycle des prénoms qui fait référence au quidam représentant n’importe lequel d’entre nous.  Après « Max », il y aura César, Rosalie, Vincent, François, Nelly, dans une même optique de s’impliquer au plus près d’une réalité quotidienne et dans un grand souci d’une certaine authenticité.  Les films ne travaillant pas avec les prénoms lorgnent explicitement dans la même direction : « Les choses de la vie », « Une histoire simple », etc.

Après « Classe tout risque », Sautet revient à ses amours pour le film noir.  Il cherche à réaliser un drame à la fois violent et dérisoire, avec une part de romantisme.  Mais surtout, c’est la part d’ombre qui se cache derrière chaque être humain que Sautet cherche à révéler.  Comme souvent chez Sautet, il se cache plusieurs couches derrière la tram e principale.  Dans « Max et les ferrailleurs », le suspense policier n’est qu’un prétexte à l’étude psychologique des personnages et du milieu dont ils sont issus.  Des personnages à plusieurs facettes et nuancés : Max, représentant de la loi, connaît un trouble obsessionnel dangereux qui le fera déraper irrémédiablement.  Mais il n’en reste pas moins humain.  Lily, jouée par Romy Schneider est une prostituée victime du piège tendu par Max, et qui va à son tour piéger son petit ami.  Abel, joué par Bernard Fresson est un petit délinquant pas bien méchant, qui au pied du mur, poussé par Lily, va commettre l’irréparable.  Le commissaire interprété par Georges Wilson connaît le vice de Max, mais ne fait rien pour l’arrêter. Des personnages très nuancés, piégés par la pression de la vie, qui dérapent à un moment donné, comme cela pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous dans un moment de faiblesse.  Et au regard des films de Sautet, la faiblesse reste très humaine, et donc très crédible.

Le choix des comédiens est proche de la perfection.  Contre l’avis des producteurs qui demandait Delon ou Montand dans le rôle titre, il reprend Piccoli qui s’investit totalement dans l’entreprise et qui réussit avec Max une des plus belles prestations de sa carrière.  Et puis Romy Schneider, qui deviendra plus tard actrice fétiche du réalisateur, à qui Sautet n’ose pas offrir le rôle dans un premier temps, de peur de la froisser.  Une fois qu’elle accepte le rôle, elle s’inves tit à 100% en apprenant l’argot, le poker, et en observant longuement les prostituées de Paris.  Le résultat est stupéfiant de crédibilité, et le talent et la beauté aidant, parvient à toucher à la perfection.  Bingo pour Sautet, qui en reprenant son duo des « choses de la vie », parvient à étonner et à toucher juste.

Sautet, metteur en scène qui n’est pas reconnu à sa juste valeur selon moi.  Il vaut bien un Truffaut et ce film-ci en constitue une magnifique illustration.  « Max et les ferrailleurs », tout simplement dans le top de l’histoire du cinéma français.

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Avec : Michel Piccoli, Romy Schneider, Bernard Fresson, François Périer, Georges Wilson, Boby Lapointe, Michel Creton, Henri-Jacques Huet, Philippe Léotard, Robert Favart, Dominique Zardi,

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LA FOLLE HISTOIRE DE L’ESPACE – SPACEBALLS de Mel Brooks (1987)

Synopsisanimation_folle

Ayant dilapidé leurs ressources d'air pur, ils décident d'attaquer la planète Druida et de kidnapper la fille du roi Roland, Vespa, pour s'approprier l'atmosphère de la paisible planète. Mais la princesse Vespa promise au soporifique Prince Valium vient de s'enfuir avec sa nounou-robot Dot Matrix. Poursuivie par Lord Casque noir, un avorton au casque démesuré, elle est capturée sur l'ordre du président de la galaxie SpaceBalls, le très méchant Skroob. Roland offre alors une généreuse somme d'argent à Yop Solo et son fidèle Beurk pour secourir la princesse. Yop qui doit un million de spatio-dollars au gangster Pizza'ïolo accepte la mission, mais les forces du mal fonçant sur eux à la vitesse de la lumière, ils auront besoin de l'aide d'un lutin nommé Yogurt et du pouvoir mystique «Le Schtuss» pour ramener la paix dans toute la galaxie !

loolMon avis

Mel Brooks et ses parodies… Dans « Spaceballs », il va mettre une bonne partie de la science-fiction à sauce toute particulière, bien déjantée.  Au centre de la parodie, « Star Wars », mais qui n'est pas la seule cible car on retrouve également de brèves allusions à « La Planète des Singes » (la statue sur la plage), à « Alien » (John Hurt en personne qui nous rejoue le ventre qui explose !), à « Star Trek » (le téléporteur défectueux).  Hors sciences-fiction, il fera même une allusion à « Lawrence d’Arabie », comme si le désert de « Star Wars » lui avait fait penser au chef-d’œuvre de David Lean.  Pas inintéressant comme allusion…  Faudrait demander à Georges Lucas, s’il s’était fait influencé par les images de « Lawrence » pour concocter son propre désert du futur.  Plus que probable…

En plus de la transformation des personnages, Mel Brooks va saupoudrer le tout de ses ingrédients bien connus.  L’humour gras, par exemple, qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Déjà le titre original, « SpaceBalls », littéralement « les couilles de l’espace » ; la forme des casques des Spaceball troopers ne laisse aucun doute à ce sujet.  Ensuite Casque noir qui tente avec son sabre laser d’atteindre les parties génitales de ses adversaires.  La queue de Beurk qui se balade sous les jupes des filles…  Bref, l’humour gras bien connu de Mel Brooks qui divise souvent les spectateurs.  Souvent entre hommes et femmes d’ailleurs…

C’est vrai que l’on peut qualifier aisément l’humour de Brooks de lourd. Pour lui, tout est prétexte à la dérivation comique, avec des enchaînements très généreux de gags au rythme de un toutes les secondes, et par conséquent, certains gags tombent à plat.

Un humour à plusieurs "niveaux" cependant… Dans « Spaceballs », Mel Brooks va s’attribuer deux personnages qui vont également jour d’un  cynisme Brooksien bien connu mais très intéressant. Le premier personnage est celui de Skroob, anagramme de Brooks, qui fait référence à l’empereur de la version Lucas, et qui indique spacce1

clairement que le réalisateur entend bien se moquer de lui-même et de ne pas du tout se prendre au sérieux .  Le second, Yogourt, copie Brooksienne de Yoda, qui n’hésite pas un seul instant à faire du merchandising avec toutes sortes de produits « Spaceballs ».  Bien sûr une allusion à la dérive commerciale des produits dérivés de film, notamment ceux de « Star Wars » qui, comme chacun sait, a rendu Lucas plus riche que les recettes de son film ne l’ont fait. Mais Brooks, extrêmement cynique, indique qu’il entend bien profiter des mêmes effets ! Mel Brooks qui n’est pas juif pour rien et qui le crie haut et fort : la planète « Druida » ou les juifs décadents de l’espace, planète de l’insupportable princesse Vespa, indique clairement la moquerie de Brooks envers lui-même et les juifs.

Le style Brooksien se retrouve également sous d’autres formes, comme par exemple des personnages qui s’adressent directement au spectateur par le truchement de la caméra, le dialogue qui s’appuie sans cesse sur des jeux de mots, tous les personnages volontairement ridiculisés.  Des essais d’humour à la Tex Avery comme lorsque Casque noir se fracasse la tête contre le mur.  L’Alien qui se transforme en star de comédie musicale.

On aime ou on n’aime pas cet humour il est vrai un peu grossier.  Mais il faut laisser à Mel Brooks le fait d’avoir inventé le concept de la parodie qui fait fureur aujourd’hui avec les « Shrek » par exemple. Un humour lourd mais extrêmement généreux qui n’oublie pas de se moquer de lui-même.  Que la farce soit avec vous !

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Pour concocter son délire, Mel Brooks s’appuie sur une connaissance parfaite du matériau de base, « Star Wars », en premier lieu, avec les personnages et leur métamorphose. Le Wookie devient mi-homme mi-chien du nom de Beurk. Jabba the Hut se transforme en une espèce de pizza géante « Pizza the Hutt », dont l’inspiration provient vraisemblablement de « Pizza Hut ».  Darth Vader devient un méchant crétin du nom de Casque noir.  C3PO se transforme en femelle robot.  Han Solo devient Yob Solo, le personnage le plus proche de la version Lucas. Enfin la princesse Leia devient l’insupportable Princesse Vespa. Laissé de côté, R2D2 et surtout Luke Skywalker, totalement invisibles dans la version Brooksienne.  Mel Brools aurait-il perçu le Luke Skywalker comme héros transparent ? On dirait bien que oui…

Avec : Mel Brooks, Rick Moranis, Bill Pullman, John Candy, Daphne Zuniga, George Wyner, Joan Rivers, Dick Van Patten, Michael Winslow, Lorene Yarnell, John Hurt, Sal Viscuso, Ronny Graham, JM J. Bullock, Leslie Bevis,

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dimanche 2 décembre 2007

BONS BAISERS D’HOLLYWOOD de Mike Nichols (1990)

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A Hollywood, la drogue, la violence et l'argent ont souvent raison de la fragilité des stars... Confrontation et overdose entre une fille (Meryl Streep) et sa mère (Shirley Maclaine), ancienne gloire d'Hollywood.

Mon avis

Un autre versant d’Hollywood qui nous est montré ici, moins reluisant ou truqué.  Le récit provient d’une nouvelle largement autobiographique de Carrie Fisher plus connue sous le nom de princesse Leïa dans la première trilogie de « Star Wars ».  Carrie Fisher ayant eu de gros problèmes de drogue, règle ses comptes avec sa mère alcoolique, en lui attribuant la responsabilité de sa propre déchéance.

Le premier intérêt du film est de mettre en lumière une face cachée d’Hollywood.  Dans le milieu, l’alcool et la drogue ont fait des ravages.  Quelques exemples connus ont été révélés comme par exemple Judy Garland et sa fille Liza Minelli, à qui Nichols fait d’ailleurs référence dans une scène de cauchemar.   Une première génération de stars qui s’est engloutie dans l’alcool et une seconde dans la drogue.  Un fait de société donc, avec le cinéma qui parle de cinéma en dévoilant son côté sombre.  Intéressant donc, mais en qualité et sur une même thématique, on est tout de même loin de films tels que « Sunset boulvard » ou « Mulholland drive »

Un second intérêt est d’avoir mis en parallèle ce problème des stars avec une autre face cachée d11479’Hollywood : le trucage au cinéma.  Plusieurs séquences assez intéressantes indiquent au spectateur la façon dont on travaille le trucage au cinéma.  Ainsi, on peut apercevoir Meryl Streep accrochée au dernier étage d’un immense immeuble.  Cette seconde face cachée permet d’alléger le poids du récit dramatique entre la mère et la fille, mais surtout de prendre une autre dimension, en stigmatisant un côté superficiel, truqué, artificiel du milieu Hollywoodien.  A cet effet, une très belle séquence montre Shirley McLaine sur un lit d’hôpital, le visage ravagé par le poids des ans, et qui, en quelques secondes, avec un peu de maquillage, des faux-cils et un foulard, va apparaître comme une diva aux yeux des journalistes.

La confrontation entre McLaine et Streep fonctionne très bien.  On remarquera également une brève apparition d’Annette Bening, qui réussit à faire jeu égal avec Meryl Streep.  Enfin, Gene Hackman dans un rôle discret mais efficace.  En quelques secondes, il parvient à imposer son personnage avec une facilité déconcertante.

Seule ombre au tableau, une mise en scène un peu plate, où l’on regrette le metteur en scène avisé et surprenant du « Lauréat ». 

Un baiser d’Hollywood, certes, mais teinté de cynisme au vitriole.

Avec Meryl Streep, Shirley MacLaine, Dennis Quaid, Gene Hackman, Richard Dreyfuss, Rob Reiner, Mary Wickes, Conrad Bain, Annette Bening, Simon Callow, Gary Morton, CCH Pounder

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LES FUGITIFS de Francis Veber (1986

Avec : Pierre Richard, Gérard Depardieu, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui, Roland Blanche, Anaïs Bret, Philippe Lelièvre, Yveline Ailhaud, Didier Pain, Marc Adjadj, Alain Algara, Eric Averlant, Jean-Pierre Becker, Pierre Belot, Arno Klarsfeld, Michel Blanc,

Synopsis

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Les temps sont durs pour François Pignon qui doit soigner sa fille.  Il s'est même résigner à braquer une banque.  Il va jusqu'à prendre en otage Jean Lucas, un ancien repris de justice sortant tout juste de prison, pourtant bien décidé à devenir honnête....

Mon avis

La comédie fut pendant très longtemps l’une des grandes forces du cinéma français.  Lorsqu’on regarde dans le rétroviseur, on remarque que la comédie française vieillit bien.  De Raimu à Audiard, il existe un paquet de pellicules pour rire, entré dans l’Histoire et qui n’en est jamais sorti.   Dans ce domaine, et pendant très longtemps, le cinéma français a fait jeu égal avec les productions des autres pays, voire les a supplantées en qualité.  Il faut bien se rendre à l’évidence que par la suite, les résultats furent beaucoup moins brillants.  Puis dans la morne plaine, est apparu Francis Veber…  Dans le rire aussi, il existe deux types de production, l’une commerciale, l’autre, artisanale, et Veber, avec ses talents d’artisans, réussit presque à chaque fois à faire exploser le box-office.

Veber, c’est d’abord deux personnages récurrents, François Pignon et François Perrin. On retrouve déjà Pierre Richard et François Perrin dans « Le grand blond avec une chaussure noire » où Veber travaille comme scénariste pour Yves Robert.  Quand il passera pour la première fois derrière la caméra pour le sublime « Jouet », il associera à nouveau Pierre Richard et François Perrin, pour entamer à sa façon, les merveilleuses aventures du naïf maladroit.

Une autre caractéristique dans l’écriture de Francis Veber, c’est l’association des personnages à caractères opposés.  Il va utiliser cette ficelle presque à tous les coups, mais en réussissant à ne pas se répéter et à étonner.  Tout le monde se souvient du couple Brel/Ventura ou encore de Villeret/Lhermitte.  Le couple Richard/Depardieu va fonctionner tellement bien, que Veber va proposer une trilogie d’enfer.  Il y aura « La chèvre », « Les compères » et ensuite « Les fugitifs ».

Dans « Les fugitifs », Veber saupoudre sa comédie de beaucoup de tendresse, avec ce duo qui prend des allures de trio par la présence de la petite fille.  Pierre Richard est touchant dans ce rôle de papa poule incapable d’assumer le poids de la paternité.  Et puis Depardieu, dans le rôle qu’on lui connaît de grosse brute épaisse, qui va, pas à pas, timidement, se rapprocher de la petite fille.  Les ficelles sont grosses, mais ça fonctionne comme par magie, surtout par le sens incroyable du récit que possède Veber.  Beaucoup de sensibilité dans ce troisième opus, comme pour bien rompre avec les deux précédents.  Les situations burlesques sont moins présentes que dans « La chèvre » ou « Les compères », malgré quelques moments fort tout de même, avec la séquence du vétérinaire magnifiquement interprétée par Jean Carmet ou encore la séquence de la perruque de Pierre Richard déguisé en femme.  Un troisième volet qui mélange habilement l’émotion et le rire.

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HIGH FIDELITY de Stephen Frears (2000)

Avec : John Cusack, Iben Hjejle, Todd Louiso, Jack Black, Lisa Bonet, Catherine Zeta-Jones, Joan Cusack, Tim Robbins, Chris Rehmann, Ben Carr, Lili Taylor, Joelle Carter, Natasha Gregson Wagner, Shannon Stillo, Drake Bell,

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Rob Gordon a 36 ans et s’occupe d’une petite boutique de disques à Chicago. Dans sa retraite encombrée de vinyls, il mène tranquillement sa « pop-life » adolescente jusqu’au jour où il se fait plaquer par sa petite amie Laura. Obsédé par les classifications des charts, il décide de dresser le « top 5 » de ses plus fameuses ruptures afin de comprendre les raisons de ses déboirs sentimentaux répétés.

Mon avis

John Cusack tombe amoureux du roman de Nick Hornby et décide d’en produire une adaptation cinématographique.  Il cherche un metteur en scène et a l’ingénieuse idée  d’offrir le projet à Stephen Frears.  A la vue du récit intimiste, très humoristique et cynique autour de l’univers de la musique, on peut aisément comprendre l’approbation de Frears.   Par le passé, le metteur en scène anglais a déjà prouvé son savoir-faire dans les petites productions avec « My beautiful laundrette » ou « The van » ou « The snapper ».  Choix judicieux donc, lorsque Cusack trouve à la fois un rôle qui lui colle parfaitement à la peau et un bon metteur en scène pour le diriger.

Le récit de Nick Hornby est savoureux, bien écrit, bourré d’humour, et en même temps emprunt d’une certaine profondeur.  Une recherche sur soi-même, en quête de lucidité et de clairvoyance, n’ayant jamais peur de se moquer de lui-même.  L’idée d’associer sa passion pour la musique et l’histoire de ses amours est très originale, avec un traitement simple et cynique lorsqu’il s’agit d’énumérer le top 5 de ses plus grandes ruptures amoureuses.  On rit et on cache magnifiquement la douleur du cœur, comme il est dit dans le dialogue : « le meilleur des hommes, est celui qui réussit à cacher sa douleur à l’autre ».  Le rire et le cynisme, comme un paravent de pudeur, comme ultime arme contre le désespoir.  La musique également, comme aide au dialogue, à la communication, à la rencontre, lorsqu’on ne parvient plus à s’exprimer et à s’extérioriser.  La musique comme symbole de la douleur ou la douleur comme symbole de la musique : « Je ne me souviens plus si c’est la musique qui m’a rendu triste ou si c’est la tristesse qui m’a amené à la musique ».  Qui suis-je ? Où vais-je ? Qui vais-je aimer ? Questions difficiles, universelles, où l’on trouve des réponses variées, selon les humeurs, comme celle-ci par exemple : « Il ne faut aimer celui qui est, mais celui qui aime ».  Une sorte de psychanalyse souriante, très proche de l’atmosphère des films de Woody Allen. 

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BLUE STEEL de Kathryn Bigelow (1989)

Avec Jamie Lee Curtis, Ron Silver, Clancy Brown, Elizabeth Peña, Louise Fletcher, Philip Bosco, Kevin Dunn, Richard Jenkins, Markus Flannagan, Mary Mara, Skipp Lynch, Tom Sizemore

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Megan Turner, jeune policier, se voit suspendue de ses fonctions pour excès d'émotivité. En effet, confrontée à un hold-up à main armée lors de sa première ronde de nuit, elle abat l'agresseur sans remarquer qu'une main anonyme a subtilisé quelques minutes après le drame l'arme du malfaiteur. Cependant, une rencontre fortuite avec un élégant agent de change permet à Megan de voir à nouveau la vie en rose. Quelques temps plus tard, une série de meurtres est commis à l'aide de balles de Magnum sur lesquelles l'assassin a gravé le nom de la jeune femme...

Mon avis

Un film réalisé par une femme racontant l’entrée d’une femme dans la police.  Rien que pour ça, le film est unique en son genre.  Clairement, la réalisatrice s’intéresse de très près à l’intégration des femmes dans un milieu dit machiste. Une femme derrière la caméra avec une actrice en tête d’affiche, ce n’est pas très courant dans le cinéma américain. Kathryn Bigelow,  pionnière en quelque sorte, démontre qu’une femme peut diriger toute une équipe de cinéma et réaliser de très bons films.  « Blue steel », matérialisation symbolique et cinématographique de cette lutte des femmes au sein d’une société encore et toujours dominée par le mâle.  Un scénario qui ne trompe pas sur les intentions de l’actrice avec cette intégration difficile d’une femme dans le milieu policier, étroit d’esprit, souvent phallocrate et peu enclin à voir une femelle tenter de s’immiscer en son cercle.  Il faut voir Jamie Lee Curtis, parader dans les rues, le sourire aux lèvres, fières comme un paon lorsqu’elle réussit à décrocher le fameux permis de tuer !  La suprématie du mâle, engendré par l’héritage des civilisations, elle ne veut plus en entendre parler.  Le film se situe au début des années 90, à une époque où les mœurs changent du tout au tout, surtout dans le rapport hommes/femmes.  Le film situe très bien ce changement de mœurs, avec la comparaison entre la mère et la fille, Louise Fletcher et Jamie Lee Curtis, la première battue par un mari autoritaire (Philip Bosco), et la seconde se battant comme une tigresse pour tenter de s’émanciper d’un père indigne.  La réalisatrice utilise comme parabole de cette suprématie du mâle à abattre, l’arme à feu, symbole du mâle par excellence.  Cet acier bleu (Blue Steel), cet acier froid, et cette fascination morbide qu’elle suggère pour de nombreux mâles en mal de puissance.  Cet acier tueur, pour combler l’impuissance.  La mise en scène de Bigelow, très virile, rythmée, suberbement photographiée parvient à tenir ce thriller policier en haleine, avec une Jamie Lee Curtis au sommet de sa forme, nuancée de force et de faiblesse.

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MORT D’UN COMMIS VOYAGEUR (1985) de Volker Schlondorff

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Cela fait trente-six ans que le commis voyageur Willy Loman parcourt les routes des Etats-Unis, mais l'époque de ses grands succès est révolue. Ses clients se font rares et il a de plus en plus de mal à placer sa marchandise. Rentrant bredouille de sa dernière tournée, il retrouve Linda, son épouse patiente et dévouée, et ses deux fils, Happy et Biff, qui n'ont pas su réaliser les espoirs qu'il avait mis en eux...

Mon avis

Adaptation cinématographique de la pièce de théâtre d’Arthur Miller, qui reçut en 1947, le prestigieux prix Pulitzer.  Un magnifique regard de désespoir sur l’incapacité de l’homme à vivre ses rêves et également sur la cruauté du monde de travail.  Le metteur en scène allemand, celui-là même qui avait réalisé l’extraordinaire « Le tambour », décide ne pas intégrer totalement l’espace cinéma, en proposant une mise en scène proche du théâtre filmé.  Cela pourrait en embêter certains car on ressent en permanence l’artifice lourd du décor.  Manque de moyen ou volonté de l’artiste, je ne sais pas trop.  Le metteur en scène se concentre davantage sur le récit, ses personnages et leurs interprétations.  Et là, on peut dire qu’on est gâté avec bras de fer sublime entre Hoffman et Malkovich, les deux acteurs rivalisant de talent, de charisme, et performance d’interprétation, le tout auréolé de la forte présence de Charles Durning et Kate Reid en second plan.  Une direction d’acteurs et une interprétation à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer pour une adaptation cinématographique de la pièce importante de Miller.  Une dramaturgie tellement bien écrite sur l’homme au bord de l’implosion, qu’elle permet à de grands acteurs de se déployer complètement, et ici, ils en ont profité pleinement.

Avec Dustin Hoffman, John Malkovich Charles Durning, Stephen Lang, Kate Reid, Louis Zorich.

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samedi 1 décembre 2007

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE de Yves Robert

Avec Pierre Richard, Mireille Darc, Jean Rochefort, Jean Carmet, Bernard Blier, Colette Castel, Paul Le Person, Maurice Barrier, Jean Obé, Jean Saudrey, Roger Caccia, Robert Dalban, Arlette Balkis, Yves Robert, Xavier Gélin

Synopsis

Francois Perrin, arrive à Orly avec aux pieds une chaussure jaune et l'autre noire. Une aubaine pour Perrache, adjoint du colonel Toulouse, chef d'un service secret, que ce jeune violoniste fantasque. Il le choisit, pour jouer à ses dépends, le rôle d'un redoutable espion international. Toulouse, las de défendre sa place contre son très ambitieux adjoint Milan, décide de s'en débarrasser une fois pour toute, en le lançant sur une fausse piste.

Mon avis

Film d’espionnage parodique à la française né d’une collaboration assez explosive entre Yves Robert et Francis Veber.  Le premier était déjà bien installé dans le cinéma français, le second, à peine naissant, avec l’écriture des dialogues et du scénario de « Il était une fois un flic » de Georges Lautner.  C’est d’ailleurs parce qu’il a été séduit par ce travail, qu’Yves Robert demande à la production de collaborer avec le jeune prodige de l’écriture.  Au-delà d’un réel talent d’écriture, Veber va tirer les intentions scénaristiques d’Yves Robert vers plus de modernité pour l’époque en évitant ce que le cinéma avait déjà offert dans le même genre.

Le duo Robert/Veber, véritable bombe d’oxygène pour la comédie française, sur les traces d’un autre couple légendaire, Lautner/Audiard et leur sublimissime « Tontons flingueurs ». La recette est la même, avec une très grande rigueur dans l’écriture et la mise en scène qui s’appuie sur une distribution haut en couleur.  Il faut reconnaître  à Yves Robert le fait d’avoir perçu toute l’étendue de la puissance comique de Pierre Richard, de l’avoir imposé aux producteurs, ce qui n’a pas été sans difficulté.  Pour la petite histoire, Yves Robert change de producteur sur cette question.   Comme pour « Les tontons flingueurs », on a droit à un paquet de comédiens sublimes et de gueules de  cinéma avec d’ailleurs Bernard Blier qui fait le lien entre « Le grand blond » et « Les tontons ».  Une fois de plus, comme toujours, il est gigantesque de nuance comique. Des comédiens qui semblent s’amuser comme des fous dans tout ce qu’on leur propose de jouer de farce et d’absurdité. 

Un classique du cinéma, où tout fonctionne comme par enchantement, où chaque élément est à sa place, inventif et amusant.  On retiendra beaucoup d’images comme celle de la robe explosive de Mireille Darc, de l’affrontement de titans entre Rochefort et Blier, Carmet complètement désabusé en training, etc.  Enfin, le sublime thème musical d’aspiration slave  de Vladimir Cosma qui trotte pendant des jours et jours après l’avoir écouté.  Wouaw ! A consommer sans modération !

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mardi 13 novembre 2007

PRISCILLA, FOLLE DU DESERT de Stephan Elliott (1994)

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Terrassée par le chagrin après la disparition de son compagnon, Bernadette, un transsexuel vieillissant, décide de se joindre à Mitzi et Felicia, deux Drag-Queen extravagantes et excentriques, pour un voyage devant les mener dans un trou paumé de l'Australie afin d'y donner un spectacle. Voyageant à bord d'un ancien bus scolaire rebaptisé Priscilla, les trois drags sillonnent le pays, récoltant sur leur parcours regards dubitatifs, persiflages, signes de croix des bigotes et quelques troubles inattendus chez les hétéros de passage.

Stephan Elliott : « Pendant le défilé de Mardi-Gras, j’avais aperçu une plume, détachée de la coiffure d’un Drag-Queen , rouler dans une rue déserte comme une broussaille dans un film de Sergio Leone. Je tenais l’idée de mon film : des travelos dans le désert australien ! »

Mon avis

Pas évident de traiter un sujet sur les travelos sans tomber dans de grossières caricatures.  C’est sans doute parce que le metteur en scène a traité son film avec un mélange d’humour et d’humanisme qu’il est parvenu à séduire autant.  Sans cet humour omniprésent représenté dans l’autodérision des personnages, le propos serait lourdement tombé dans une sorte de cliché sur la tolérance ou le droit à la différence.  Mais ici, on s’amuse autant qu’on est touché.  Le metteur en scène australien, également scénariste, a le chic pour bien doser les parts de drame et de comédie dans sa structure narrative. priscilla20folle20du20desert_1

Stephan Elliott choisit de prendre les chemins du road-movie pour investir son propos sans tomber là nom plus dans la caricature du genre.  Bien sûr, le voyage va permettre à chacun des personnages de retrouver un forme de lucidité, mais sans que ça prenne de trop grosses proportions de lourdeur dans le récit.  Un voyage qui se déroule dans l’immensité du désert Australien que le réalisateur réussit à photographier magnifiquement.  Certaines images resteront gravées dans les esprits, notamment quand Guy Pearce chante sur le toit  du bus entouré de fumée de couleur et de superbes paysages.  Un visuel qui sonne comme un cri de liberté.  Liberté qui est sans doute le maître mot de cette œuvre qui cherche avant tout à se débarrasser de tous les complexes qui paralysent les hommes.  La chanson titre du film « I will survive » indique cette volonté de vouloir survivre dans un contexte de liberté intérieure.

Les trois comédiens principaux, Terence Stamp, Guy Pearce et Hugo Weaving fonctionnent superbement ensembles.  Chacun d’entre eux trouve là sans doute un des plus beaux personnages de sa carrière.  Terence Stamp qui avait déjà un très gros passé de comédien (« L’obsédé -1955 », « Théorème -1968 », « Link 1985 ») est bouleversant d’authenticité et complètement à contre-pied de tout ce qu’on pouvait attendre de lui. 

« Priscilla, folle du désert », comme un goût de liberté très réussi.

Avec : Terence Stamp, Hugo Weaving, Guy Pearce, Bill Hunter, Rebel Russell, John Casey, June Marie Bennett, Murray Davies, Frank Cornelius, Bob Boyce, Leighton Picken, ...

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BREAKING NEWS de Johnnie To (2004)

Avec : Richie Jen, Kelly Chen, Nick Cheung, Cheung Siu Fai, ...

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Lorsqu'une chaîne de télévision diffuse les images de la défaite cinglante d'une escouade de policiers face à cinq cambrioleurs, la crédibilité des forces de l'ordre est gravement remise en question. Peu de temps après, les malfaiteurs sont localisés et des milliers de policiers encerclent l'immeuble où ils se sont réfugiés décidant de ne pas en rester là avec les médias ; l'inspecteur Rebecca décide de transformer l'assaut en show télévisé en équipant le casque des membres du commando d'une caméra sans fil avant qu'ils ne pénètrent dans le bâtiment. Mais à sa grande stupéfaction, les bandits ont eux aussi décidé de se servir de la télévision contre la police, et une guerre des médias se greffe à la bataille sanglante qui commence. Qui maîtrisera l'image ?

Mon avis

Johnnie To, par l’intermédiaire de son personnage Rebecca, va rapidement mettre les choses au point sur le thème qu’il veut aborder : « La clé, c’est l’image.  Nous devons mettre en scène un grand show.  Nous sommes dans l’ère des médias.  Nous devons utiliser les médias pour reconstruire notre image.  C’est compris ? »  Compris cinq sur cinq mon général ! «  La clé, c’est l’image »...  Et oui, et on peut dire que Johnnie To va en jeter plein la vue dès la première séquence dans laquelle il filme un long plan-séquence (sans une coupe) de sept minutes, d’une habilité incroyable, tout simplement dans la lignée de Welles et d’Hitchcock.  Dès l’ouverte, 18413650le metteur en scène indique qu’il n’est pas venu pour faire de la figuration et qu’il entend bien venir frapper un grand coup dans l’Histoire du septième art.  D’un point de vue technique et visuel, on peut dire que le pari est réussi haut la main.  Celui qui aime la mise en scène ne doit absolument pas rater cette démonstration remarquable.

Derrière la mise en forme remarquable, il y a également un scénario qui tient bien la route, en phase avec son époque sur les médias et leur manipulation possible.  Comme l’indique Rebecca, « nous sommes dans l’ère des médias.  Nous devons utiliser les médias pour reconstruire notre image ».  Très intéressant, le scénario qui permet la multiplication des points de vue, autant du côté des malfaiteurs que de la police.  S’en suit un bras de fer psychologique entre les deux camps tout à fait jouissif.  Un scénario qui n’oublie pas l’humour et la légèreté comme cette scène d’anthologie où les malfrats vont se préparer un repas en plein feu de l’action.

« Breaking News » est une tentative de donner un nouveau souffle au polar urbain.  Par son aisance et son savoir-faire derrière la caméra, Johnnie To prouve qu’il maîtrise parfaitement les éléments narratifs en offrant un spectacle de premier choix, aussi bien pour le grand public que pour le cinéphile.  Le cinéma de Hong-Kong n’a pas fini de nous étonner….

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