Synopsisanimation_freaks

Dans le cirque Tetrallini, Hans le lilliputien tombe amoureux de Cléo, la belle trapéziste. Cléo s'amuse de la situation et des tourments de la minuscule écuyère Frieda, la fiancée d'Hans. L'acrobate qui a pris pour amant Hercule, l'homme fort, découvre que son admirateur est l'héritier d'une grosse fortune. Elle décide donc d'épouser le nain puis de s'en débarrasser. L'enjôleuse et son complice décident alors de tuer Hans en l'empoisonnant quotidiennement, à petites doses. Au cours du banquet de mariage, Cléo ivre, provoque et insulte les invités. Ayant la preuve du complot, les "monstres" décident de venger Hans et Frieda...

On r'fait le film

Un film, issu du fond des âges cinématographiques, du début du parlant, qu’il faut aborder dans son contexte historique.  A l’époque du film, en 1932, la plupart était dans l’ignorance et la peur de cet autre différent engendrait toutes sortes d’amalgames.  A cet égard, « Freaks » est un remarquable témoin historique sur l’intolérance qui régnait à l’époque.  Aujourd’hui, le regard sur les monstruosités vivantes a beaucoup changé mais à l’époque, tout ce qui était hors norme était considéré comme un mauvais présage ou un signe diabolique.  La médecine, depuis ce temps, a également fait son œuvre et a permis de réduire considérablement la naissance de « Freaks » (monstres) tels que ceux de Tod Browning. 

Tod Browning connaît bien le milieu qu’il décrit car il a travaillé dans un cirque entre 16 et 30 ans.  Ayant donc complètement intégré cette culture spécifique, il y a certainement de l’authenticité dans sa démarche artistique.

Néanmoins, malgré le côté « témoin d’une époque », le film n’échappe pas à un questionnement quant à ses intentions.  La course à l’audience était déjà de mise, tout comme une forte propension à vouloir montrer ce qui n’avait jamais encore été montré à l’écran.  Or à l’image, Tod Browning nous propose une réalité presque documentaire. Nous nous retrouvons dans les coulisses de la vie d’un cirque, dévoilant non pas des acteurs, mais de véritables « freaks » appartenant au cirque Barnum.  On se retrouve face à une galerie de monstres.  Le scénario est tellement rudimentaire que c’est à se demander s’il n’est pas un prétexte à cet exhibitionnisme.  Le risque de dérapage vers un voyeurisme malsain est évident.

A côté de cette éventualité de voyeurisme dans les intentions, existe également une propension au simplisme, au manichéisme, opposant les « Freaks » non responsables de leur difformité au commun des mortels « normaux », responsables de leur monstruosité morale.  Sous couvert d’humanité, le scénario, finalement, oppose deux catégories d’humains bien distincts au sein d’une narration réductrice et dangereuse.  Le scénario va même jusqu’à proposer la vengeance d’une communauté sur l’autre, jusqu’à réduire la personne normale et sa « beauté », à une monstruosité.  Et encore, s’il n’y avait pas eu la censure à l’époque, le scénario proposait une fin bien plus monstrueuse que celle proposée dans le version que l’on peut voir aujourd’hui, avec Hans le nain, se ruant avec les autres monstres sur la belle Cléopâtre, la réduisant à l’état de poule monstrueuse. Le comparse de Cléopâtre, Hercule, a également été émasculé dans la version d’origine.

Il règne donc dans ce « Freaks » de Tod Browning comme une atmosphère de vengeance de la monstruosité sur la beauté, essayant de se donner bonne conscience, mais qui offre finalement le contraire du but proposé.  Mais quel était exactement le but de ce film ???

Avec : Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Roscoe Ates, Henry Victor, Harry Earles, Daisy Earles, Rose Dione, Daisy Hilton, Violet Hilton, Schlitze, ...