On refait le film !

On refait le film avec une mauvaise foi pas possible ! Le septième art dans toute sa diversité. Critiques, jeux, analyses en images, débats, échanges d'idées. Du cinéma pour le plaisir et la réflexion...

vendredi 15 février 2008

ZELIG de Woody Allen (1983)

Synopsis

Leonard Zelig relève, dans ces années trente, d'un cas peu ordinaire. Obèse, boxeur ou écrivain, il prend l'apparence de tous ceux qu'il côtoie. Eudora, en psychanalysant Leonard, découvre que celui-ci souffre d'un cruel besoin d'amour.

On r'fait le film

Vraisemblablement un des plus grands films de Woody Allen. On y retrouve tous les ingrédients propres aux obsessions du metteur en scène : psychanalyse, univers paranoïaque juif, amours compliqués. Le tout se mixe dans un contexte historique où Allen mélange génialement le vrai et le faux pour faire croire à un documentaire. Le savoir-faire technique est surprenant parce que l'on se prend complètement au jeu. Chaque thème propre à Allen est porté ici à son paroxysme. D'abord, la psychanalyse, traitée avec humour et distance. Par l'intermédiaire de son homme caméléon, Léonard Zelig, Allen aborde les thèmes de la différence et du conformisme. Par cet aspect, le film rejoint complètement « Orange Mécanique » ou « Trainspotting » puisque c’est dans la norme que le personnage principal connaîtra ses plus grands ennuis. Allen réussit également à approcher de très près l'univers Kafkaïen dans la perte d'identité de son « caméléon-métamorphose ». Deuxième thème, l'univers juif, paranoïaque au point de faire se rejoindre historiquement Zelig et Hitler, le tout dans un humour délirant, évidemment. Enfin, le thème des amours difficiles, trouve ici un traitement clairement optimiste. Zelig ne signifie-t-il pas bienheureux en Yiddish ?

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lundi 14 novembre 2005

MATCH POINT de Woody Allen (2004)

Avec : Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Jonathan Rhys-Meyers, Brian Cox, Rose Keegan, Eddie Marsan, James Nesbitt, Steve Pemberton, Miranda Raison, ...

Synopsis animation_match

Jeune prof de tennis issu d’un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l’opéra. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu’il s’apprête à l’épouser et qu’il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...

smiley152Mon avis

Je suis extrêmement déçu…  Voilà un metteur en scène que j’ai adoré au plus haut point, dont  j’ai vu tous les films, la plupart plusieurs fois.  Les multiples chefs-d’œuvre de ce génie à l’humour corrosif ont participé à ma passion pour le septième art.  Depuis « Harry dans tous ses états » en 1997, Woody Allen semble très mal vieillir, avoir perdu tout son humour et se recroqueviller vers un égocentrisme lourd, sans recul, sans distanciation.  Tout son génie si particulier semble s’être envolé avec la vieillesse. 

« Match point » confirme au plus haut point cette chute en enfer artistique.  C’est d’un ennui mortel, d’une platitude incroyable avec un discours sur le sens de la vie d’un pessimisme effroyable.  Allen a toujours été un grand angoissé, mais il avait su transposer toute cette noirceur intérieure en farce corrosive et burlesque extrêmement puissante.  Dans « Match point », il ne reste quasi plus rien du style allenien.    Jamais ce metteur en scène n’avait sombré aussi loin dans le classicisme sans personnalité.  18451304

Ce film aurait pu être fait par n’importe qui et bien malin celui ou celle qui aura reconnu la patte du réalisateur.  Il reste bien les thèmes des amours difficiles, la tentation envers le sexe féminin, mais leur traitement stagne dans l’incohérence de la caricature lourde, sans relief, sans distanciation. Même sa particularité d’être un réalisateur typiquement new-yorkais a disparu : voilà qu’il nous sert un décor londonien déjà vu mille fois, avec les tennismen en blanc, les bibliothèques en bois et les cocktail guindés.

Ce n’est pas que c’est inintéressant, c’est pitoyable.  Voilà un réalisateur qui s’est moqué de la difficulté de vivre et de mourir pendant toute sa carrière et qui maintenant nous offre de la philosophie de bas étage où il nous est dit que la vie n’a aucun sens.  Plus Allen se rapproche de la mort et plus il prend peur et moins il a de l’humour sur sa propre existence et sur le sens ou le non-sens de la vie.  Il va mourir et le discours qu’il nous laisse c’est « de toute façon la vie n’a aucun sens ». Et tout ça sans le moindre humour ! Son observation, paralysée par l’angoisse, ne reflète que celle d’un égocentrisme et un égoïsme pesant.  « Match point » ou le triste effondrement d’un Géant du septième art !

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lundi 8 août 2005

MEURTRE MYSTERIEUX A MANHATTAN de Woody Allen (1992)

Avec : Alan Alda , Woody Allen , Anjelica Huston , Diane Keaton , Jerry Adler , Joy Behar , Ron Rifkin

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Alors qu'elle s'apprêtait à fêter ses 28 ans de mariage, une femme est retrouvée morte aux côtés de son mari à peine ému. Leurs voisins, des intellectuels new-yorkais aisés, soupçonneux entament une enquête pleine de péripéties.

Pensées subjectives

Un film qu’il faut situer dans son contexte historique, au moment où Allen quitte Mia Farrow quelques temps avant le tournage pour vivre avec la jeune fille adoptive de cette dernière, Soon Yi.  Sans cet événement capital, c’est Mia Farrow qui aurait du tenir le rôle principal et non pas Diane Keaton.  Pour éviter les scandales dans la presse, Allen offrit le second rôle féminin à Anjelica Huston, alors qu’il était écrit pour une fille beaucoup plus jeune.

On le comprend, le scénario a été écrit pendant sa période de crise avec Mia Farrow, et comme Allen travaille toujours au plus près de lui-même, sa vie se répercute dans le récit.  Il s’agit dans ce film d’un couple plombé dans la routine et proche de la faillite. Mais comme on le sait, le cinéaste a beaucoup d’humour et a la géniale idée de transposer la crise sur un ton de comédie qui ne transpirera d’aucune aigreur.

« Meurtre mystérieux à Manhattan » se profile comme une pause dans la filmographie du cinéaste, dans un retour aux sources de la comédie, du cinéma de son enfance et de Diane Keaton, avec qui il collabore ici pour la septième fois.  A l’époque, dans « Annie Hall », le cinéaste avait d’ailleurs projeté d’en faire une enquête policière.  On était habitué aux hommages de Woody Allen pour le cinéma qu’il aimait : Bergman, Fellini, les Marx Brothers, mais ici, il va faire référence à un autre cinéma, celui de Hictchcok, de Welles et de Wilder.  D’abord Hitchcock et « Fenêtre sur cour » dont ce « Meurtre Mystérieux » tire toute sa parodie.  Ensuite Welles et la dernière séquence explicite évoquant le jeu de miroir de « La dame de Shangaï ».  Entre les deux, une autre séquence explicite évoque « Assuramyst_myrdnce sur la mort » de Billy Wilder.

Evidemment quelle joie de retrouver Keaton et Allen côte à côte.  Ce couple fonctionne à merveille et on sent qu’ils se connaissent par cœur.  Le ton est très drôle avec un dialogue qui fait mouche à chaque phrase, avec des références que l’on connaît très bien chez cet auteur : « Quand j’écoute du Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne».

Cinématographiquement, Allen a su rebondir sublimement sur la crise qui envahissait sa vie.  Plus film d’auteur que ça, tu meurs.

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mardi 19 juillet 2005

PRENDS L’OSEILLE ET TIRE-TOI de Woody Allen (1969)

Avec : Woody Allen, Janet Margolin, Marcel Hillaire, Jacquelyn Hyde, Lonny Chapman, Jan Merlin, James Anderson, Jackson Beck, Howard Storm, Mark Gordon, Micil Murphy, Minnow Moskowitz, Nate Jacobson, Grace Bauer, Henry Leff,

Synopsis

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Le parcours chaotique et lamentable de Virgil Starkwell (Woody Allen), pitoyable escroc, spécialiste du ratage tous azimuts. Pourtant, la rencontre de la belle Louise (Janet Margolin), contribue à remettre sa vie désordonnée sur une voie plus constructive...

Mon avis

Le vrai premier film de Woody Allen, trois ans après « Lily la tigresse », qui n était en fait qu’un doublage d’un film de série B japonnais, et désavoué par le réalisateur.  Un premier film donc, où l’on retrouve Woody Allen à tous les postes clé : écriture, mise en scène et interprétation.  Un premier film comme un premier jet créatif, qui pose déjà les bases de l’univers de metteur en scène.  On y retrouve tous les ingrédients qui caractérisent cette personnalité unique et atypique : la tendance au burlesque et l’humour à la Marx Brothers, les amours difficiles, les moqueries sur lui-même, la pychanalyse, etc. Un metteur en scène, un auteur qui se cherche, en quête de vérité intérieure.  « Prends l’oseille et tire-toi », première boîte à idées et vraie introspection de l’artiste.  En ce sens, étonnant de voir Allen affubler ces parents de la tête de Marx Brothers et surtout d’avoir déjà trouvé les bases de son chef-d’œuvre « Zelig », avec cette séquence de fausses interviews, ou une autre qui montre la métamorphose de Virgil en rabbin ! Un film qui à posteriori, démontre qu’Allen cherchait vraiment à offrir un miroir de sa personnalité, tout en ne reniant pas ses influences.  Influences, qui outre les Marx Brothers précités, comptent également celle de Chaplin où l’on aperçoit Allen/Virgil au pénitencier, face à une monstrueuse machine à plier les vêtements.

Un premier film, mélange de qualité et de défaut, comme un fourre-tout honnête mais anarchique, alterné de séquences très drôles et très ennuyeuses, dans une construction générale légèrement bâclée mais magnifiquement honnête.  Un auteur venait de se trouver, un acteur venait d’étonner, et un metteur en scène qui cherchait encore.

Posté par chrislynch à 12:12 - Monsieur Allen - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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