On refait le film !

On refait le film avec une mauvaise foi pas possible ! Le septième art dans toute sa diversité. Critiques, jeux, analyses en images, débats, échanges d'idées. Du cinéma pour le plaisir et la réflexion...

mardi 17 avril 2007

GHOST de Jerry Zucker (1990)

Avec Patrick Swayze, Demi Moore, Whoopi Goldberg, Tony Goldwyn, Stanley Lawrence, Christopher J. Keene, Susan Breslau, Martina Deignan, Rick Kleber, Macka Foley, Rick Aviles, Phil Leeds, John Hugh, Sam Tsoutsouvas,

ghost

logoanime34_1_25Ce 17 avril à 13h50 sur TF1

Synopsis

Sam Wheat (Patrick Swayze) travaille avec l'un de ses meilleurs amis, Carl Bruner (Tony Goldwyn), dans un grand établissement bancaire américain. Il est amoureux de Molly Jensen (Demi Moore), et viennent d'emménager dans un grand appartement. Ils projettent même de se marier. Un soir, au sortir d'un spectacle, le couple est attaqué par un truand. Un coup de feu est tiré...

ghostOn r'fait le film

Le monde des morts et des vivants réunis pour une belle réussite. Jerry Zucker mélange audacieusement poésie, drame, comédie, érotisme, fantastique dans une même entité cinématographique. Vraiment un mélange de genres, qui d'habitude ne fonctionne pas et qui ici, fusionne très bien. Mais le thème qui apparaît comme prédominant est l'amour. L'amour plus fort que la mort ! Il s'agit là sans doute d'un des films romantiques les plus original qui soit parce que justement, il s'est intégré dans un scénario à multiples facettes, difficiles à cataloguer. Des images et des séquences qui restent dans les mémoires, malgré le temps qui passe et au moins une séquence culte, celle très érotique de poterie sous l'"unchained melody" suggestive des Platters. Les trois comédiens principaux, Demi Moore, Patrick Swayze et Whoopi Goldberg trouvent ici le meilleur rôle de leur carrière. Un « Love Story » fantastique surprenant !

Posté par chrislynch à 07:13 - Monsieur Zucker - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


jeudi 5 avril 2007

LA VIE AQUATIQUE de Wes Anderson (2003)

Avec Bill Murray (Steve Zissou), Owen Wilson (Ned Plimpton), Cate Blanchett (Jane Winslett-Richardson), Anjelica Huston (Eleanor Zissou), Willem Dafoe (Klaus Daimler), Jeff Goldblum (Alistair Hennessey), Michael Gambon (Oseary Drakoulias), Noah Taylor (Vladimir Wolodarsky)

logoanime34_1_24

Ce 5 avril à 22h sur Multivision 2

Synopsisanimation_vie_aquatique

Légendaire explorateur des fonds marins, Steve Zissou est aussi connu pour son caractère excentrique que pour ses fabuleux documentaires. Mais Steve traverse une mauvaise passe. Son plus fidèle coéquipier, Esteban, s'est fait dévorer par un requin jaguar et la rumeur selon laquelle il n'est plus à la hauteur va bon train. Pour couronner le tout, Ned Plimpton, un jeune pilote, fait irruption dans sa vie et prétend être son fils qu'il n'a jamais connu. Steve Zissou décide alors de lancer une grande expédition pour se venger du grand requin jaguar…

wes_andersonOn r'fait le film

Dans la lignée de son film précédent, « La famille Tenenbaum », avec la façon toute particulière de Wes Anderson d’égratigner l’univers familial. « La vie aquatique » nous convie à voyager à bord d’une sorte de Calypso ayant pour commandant un Jacques-Yves Cousteau version looser, bien déjanté.

« La vie aquatique » confirme donc la constance des thématiques chez ce jeune metteur en scène très prometteur avec cette volonté de reconstruction de l’univers familial.  Le navire « Belafonte », lieu fermé dans lequel se passe la majeure partie de l’histoire, est prétexte à cette reconstitution virtuelle.  Comme si le metteur en scène avait quelques comptes à régler de ce côté-là, notamment dans la relation père/fils.  D’ailleurs, le patriarche Gene Hackman de la famille Tenenbaum ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Bill Murray de la vie aquatique.  Retenons la réplique de Steve Zissou/Bill Murray lorsque son fils (Owen Wilson) lui demande pourquoi il ne s’est jamais intéressé à lui : « Je déteste les pères ».  Je parierai gros sur le fait que Wes Anderson réitère cette thématique freudienne dans ses futures réalisations en quête de famille de substitution.

« La vie aquatique », également lieu symbolique pour nager dans des territoires à l’évidence non terriens, pour se life_aquaticdétacher de la réalité et offrir une couleur décalée, en distanciation.  Cette dans cette magie narrative que Wes Anderson nage comme un poisson dans l’eau, dans ses  thèmes dramatiques très personnels et profonds qu’il dynamite par un humour décalé.  En ce sens, il me fait vraiment penser à Woody Allen dans cette envie de rire des sombres pensées et des angoisses intérieures.  Il est bien parti en tout cas pour faire une carrière comme son illustre aîné.  « La vie aquatique » qui permet également toutes les audaces visuelles avec ces créatures sous-marines issues de l’imaginaire et qui propose de s’évader dans la réinvention du monde.  Réinventer le quotidien qui déprime, voilà, la signature de ce metteur en scène tout à fait original et bourré de talent.

Comme pour « La famille Tenenbaum », Wes Anderson réussit à nouveau à proposer un casting haut de gamme qui réussit à nager dans son univers comme des poissons dans l’eau.  De plus grand rôle au plus petit, c’est un véritable délice aussi à ce niveau-là. 

Attention, un très grand cinéaste est né !!!!

Posté par chrislynch à 07:43 - Monsieur Anderson (Wes) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 3 avril 2007

FURYO de Nagisa Oshima (1983)

logoanime34_1_22

Ce 3 avril à 19h sur Cinextrême

Synopsis

Java 1942. Pendant la seconde guerre mondiale, un camp de prisonniers. Des soldats anglais détenus par des soldats japonais. Le capitaine Yonoï (Ryuichi Sakamoto) dirige le camp, secondé par le sergent Gengo Hara (Takeshi Kitano). Le colonel John Lawrence (Tom Conti), anglais bilingue, joue l'intermédiaire entre les japonais et les anglais. Assistant au jugement du Major Jack Celliers (David Bowie), le capitaine Yonoï permet au major d'échapper à la peine de mort et de rester prisonnier au camp. A parti de là, un jeu d'oppositions et d'attirances. Une histoire d'amour et d'interdit. Une histoire humaine de codes à dépasser et transgresser, mené avec justesse par ce groupe d'acteurs.

poster2On r'fait le film

Un récit qui confronte les codes occidentaux et orientaux et qui souligne les incompréhensions et les oppositions. Ce qui est remarquable, c'est que le point de vue est proposé par un japonais, et pas n'importe lequel, Nagisa Oshima, l'un des plus grands metteurs en scène de ce cinéma. Magnifique, parce que le réalisateur ne va jamais chercher à savoir celui qui a raison. Pour mettre en avant les différences, le récit va d'abord chercher les attirances. Non pas celles spécifiques aux japonais ou aux anglais, mais une qui soit de type universelle. Dans un univers de guerre où il n'y a que des hommes, c'est l'homosexualité qui a été choisie. L'attirance d'un officier japonais qui possède le pouvoir pour un officier britannique qui refuse la soumission. Suprême audace d'Oshima d'avoir choisi de salir son propre camp dans cet amour déshonorant parce que son objet est un ennemi ! Un bras de fer psychologique va naître de cette situation. L'atmosphère glauque, malsaine, mêlée de codes d'honneur militaire ancestraux offre un tableau étrange, jamais atteint dans le genre « film de guerre ». Très finement, sans jamais vraiment le dire, le récit souligne les absurdités de la guerre tout en essayant d'en comprendre les germes. La musique sublime de Ryuichi Sakamoto, interprète de l'officier Yonoï dans le film, joue un rôle prépondérant dans l'atmosphère glauque qui transpire de ce film. Pour moi, il s'agit d'ailleurs là d'une des plus belles bandes originales du septième art. Et puis les comédiens, d'une crédibilité incroyable. Bravo à Oshima d'avoir confronté Bowie et Sakamoto en personnages androgynes. La scène où Bowie vient embrasser Sakamoto dans le seul ralenti du film est d'anthologie ! Mais la cerise sur le gâteau, c'est l'interprétation phénoménale de Takeshi Kitano, dont on ne saura jamais vraimfuryoncnnchhdye4ent si le personnage est bête ou intelligent, d'une subtilité de jeu incroyable. Un acteur est né ! Voici un extrait de dialogue, entre Kitano et Conti, qui donne bien le ton du film :

- Hara : " Vous avez tous peur des pédés. Un samouraï n'en a pas peur ! "
- Lawrence : " La guerre renforce l'amitié entre les hommes. Mais tous les soldats ne deviennent pas pédés. "
- Hara : " Vous n'êtes que des prisonniers. Pas des soldats. Vous n'avez aucune discipline. C'est pour ça que vous m'implorez. C'est honteux. "
- Lawrence : " Sergent Hara, je n'ai aucun motif de honte. "

Takeshi Kitano : « Oshima était réputé pour maltraiter ses acteurs, alors Sakamoto-san et moi lui avons dit qu'on accepterait de jouer dans son film à une seule condition : que l'on soit bien traités. Du coup, tous les autres se faisaient engueuler sauf nous. Et il les traitait même pire, car il se vengeait sur eux de ne pas pouvoir nous engueuler nous ! »

animation_furyo

Avec David Bowie (Jack Celliers), Tom Conti (John Lawrence), Ryuichi Sakamoto (le capitaine Yonoi), Jack Thompson (Hicksley), Takeshi Kitano (Gengo Hara), Johnny Okura (Kanemoto), Alistair Browning (De Jong), Takashi Naitô (le lieutenant Iwata)

Posté par chrislynch à 08:01 - Monsieur Oshima - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1