LAWRENCE D'ARABIE de David Lean (1962)
On peut compter sur les doigts d’une main le nombre de réalisateurs qui ont réussi à faire un film de plus de trois heures avec autant de brio. Il y aurait Sergio Leone et son « Il était une fois en Amérique » et Victor Fleming avec « Autant en emporte le vent », ou encore James Cameron avec « Titanic ». Et puis David Lean avec « Lawrence d’Arabie ». D’autres sans doute mais extrêmement rares. Ces quatre films ont également en commun de lier l’Histoire avec le cinéma de divertissement. « Lawrence d’Arabie », c’est du divertissement en forme de fresque historique qui, sous des dehors classiques, n’en reste pas moins audacieux à bien des égards comme par exemple cette volonté de dépeindre l’intériorité de Lawrence, sa chute lente vers la folie, ses orientations sexuelles ainsi que ses travers de mégalomanie. Dans la même idée, également une présentation du cynisme de la pensée occidentale. Pour couronner le tout, un casting de rêve où chaque acteur atteint son paroxysme. La performance de Peter O’Toole est sans aucun doute l’une des plus grandes du Septième art. Lawrence d’Arabie, une légende pour un chef-d’œuvre. Le film parfait ou comment lier avec délectation l’infiniment petit et l’infiniment grand.
Galerie de personnages et distribution
par Peter O'Toole (L'acteur irlandais se révèle au grand public par ce rôle hors-dimension)
Officier britannique au destin hors du commun qui mène la révolte arabe contre l'oppresseur turc au cours de la première guerre mondiale.
par Anthony Quinn (Pour plus de crédibilité, il s'est fait mettre un faux nez... Mais en avait-il vraiment besoin ? Il a joué quasi toutes les races sur grand écran).
Il dirige la tribu bédouine Howeitat durant la révolte arabe lors de la première guerre mondiale. Lawrence réussit à le convaincre de se joindre à la révolte.
par José Ferrer (Il fut également deux fois à l'écran "Cyrano de Bergerac" (Oscar du meilleur acteur en 1950) et un extraordinaire Toulouse-Lautrec dans "Moulin Rouge").
Belle crapule perverse qui va humilier Lawrence dans sa prison.
par Omar Sharif (Avant ce film, il n'avait tourné que dans son Egypte natale. Il tournera par la suite avec David Lean dans "Le docteur Jivago").
D'abord très méfiant, il va par la suite s'allier aux thèses de Lawrence.
par Alec Guiness (Six collaborations avec David lean !!! : " Les grandes espérances", "Oliver Twist", "Le pont de la rivière Kwaï", "Docteur Jivago", "Lawrence d'Arabie" et "La route des Indes".
Voici ce que ce chef arabe indique à un journaliste à propose de Lawrence : "Avec le Major Lawrence, la pitié est une passion. Avec moi, c'est simplement de bonnes manières. Vous pouvez juger quel motif est le plus digne de confiance."
par Jack Hawkins (On a pu voir également ce comédien dans « Les griffes du lion », « Waterloo », « Les aventures du brigadier Gérard », « Lord Jim », « Zoulou », « Ben-Hur », « La terre des pharaons », « Le voyage fantastique »).
par Anthony Quayle (On a pu voir également ce comédien dans « La légende du saint buveur », « L’aigle s’est envolé », « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… », « L’incompris », « La chute de l’Empire romain », « Les canons de Navarone », « Le faux coupable », « Hamlet »).
par Claude Rains (On a pu voir ce comédien dans "Casablanca", "Les enchaînés", "Le fantôme de l'opéra", "L'aigle des mers", "Mr Smith au sénat", "Les aventures de Robin des bois").
par Arthur Kennedy (On a pu voir ce comédien dans "La sentinelles des maudits", "Anzio", "Le voyage fantastique", "Nevada Smith", "Les cheyennes", "Barabbas", "Elmer Gantry", « L’homme de la plaine », « Les indomptables », « Les affameurs », « L’ange des maudits »).
Commentaires sur LAWRENCE D'ARABIE de David Lean (1962)
Je ne l'ai jamais vu, je sais, c'est une honte, mais c'est vrai que j'ai toujours été réticent à l'idée de regarder un film historique. Surtout lorsqu'il dure trois heures.
Pourtant, ce film m'a toujours sembler interessant, et m'a toujours attiré, et vu que je n'ai rien de prévu ce soir, je vais me laisser tenter enfin. Surtout après ta formidable déclaration d'amour, et la présence du mot "Titanic" lol, rien que pour ça, ça mérite d'être vu, puis peut on se prétendre cinéphile, sans être passer par ce film??? Je ne crois pas...
Je pense qu'il fera bien dans ton tableau "tour du monde"... Et puis, il me semble en effet que c'est un immanquable. ![]()
On l'a toujours su, David Lean a toujours aimé le beau, le grand spectacle en le mélangeant à l'intimiste de son héros. C'est de nouveau le cas avec Lawrence d'Arabie, probablement l'un de ses meilleurs films pour ne pas dire son meilleur film.
Ah quelle nostalgie ces anciens film quand même, ceux dont on a perdu la recette et qui se diffèrent des productions actuelles par leur étonnante et éternelle modernité... Car oui, même s'il date de 1962 (vous vous rendez compte, 43 ans!!! moi j'en reviens pas) le film possède une puissance et une modernité hors du commun, aidé en cela par la superbe réalisation de Lean.
En effet, celle-ci possède à la fois l'expérience d'années de carrière et la fougue d'un jeune cinéaste, et nous offre des décors naturels splendides, magnifiques déserts et palais.
Niveaux interprétations, rien à redire, si ce n'est qu'Anthony Quinn et Alec Guiness sont magnifiques, Omar Shariff incroyable et Peter O'Toole immense, impérial en s'effaçant derrière le personnage lui conférant ainsi un magnétisme et un réalisme ahurissant. Une des meilleures interprétations qu'il m'ait été donné de voir.
Forcément, le film atteint alors le sommet des sommets, la réalisation servant admirablement les acteurs, tous sublimes, le tout étant agrémenté de la magnifique musique de Maurice Jarre rendant honneur à ce mystère arabe et ces décors hallucinants et beaux à la fois.
Du très, très, très grand art, un monument pour ne pas dire un Everest du cinéma...
Note : *****
Merci Chris, quel film!!!
Une trs bonne année à toi au fait ![]()
je l'ai vu et revu et même vu sur grand écran au Normandie (Paris, France) en 1988 lors de sa ressortie en copie restaurée et franchement, le désert sur grand écran, ça en jette. Voir Omar Sharif arriver au loin, être un petit point sur l'horizon et s'avancer, savoir que lors du tournage ils ont pris la peine de mettre du sable plus clair sur sa trajectoire. Un truc de fou que ce tournage. Un film sensationnel. A tel point que j'ai même lu dans la foulée "les sept piliers de la sagesse" de TE Lawrence. C'est dire.
Et O'toole est vraiment bien. Il est aussi vachement bien dans "Becket" avec Richard Burton.
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